vendredi 24 février 2012

Préférences rock (1 les stones)

Un petit tour d'horizon de mes préférences dans le rock.

Je commence par l'Angleterre sixties.
Groupe favori The Rolling stones. Je mets au sommet l'année 66 et la période 68-72 pour les enregistrements studio et la période 68-73 pour les lives.

De 69,  Honky Tonk Women, Gimme shelter, tous les titres sont à citer, jusqu'à l'obscur I'm going down.
Gimme shelter
Comment sortir d'un titre pareil? J'ai lancé le titre sur youtube, je n'ai pas su l'arrêter.
Honky Tonk Women
Plus discrète que Gimme shelter, mais quelle intro ravageuse! Ce n'est pas le morceau qui fait accrocher le grand public, bien qu'il fut l'un des quelques numéros 1 des charts des Stones, mais c'est un morceau fascinant!
I'm going down
Impensable, c'est une chute de studio jamais requinquée, uniquement sauvée sur une compilation de 1975.

De 68, l'année post-psychédélique avec le riff retourné de Satisfaction qui devient Jumpin' Jack Flash, l'année du plus grand album rock de tous les temps Beggar's Banquet, plus parfait même que Let it bleed, plus puissant qu'Exile on main street. Beggar's Banquet, l'album des 4 S: Sympathy for the devil, Street fighting man, Stray cat blues, Salt of the earth. Quelques chansons des albums suivants furent d'ailleurs créées en 68 à ce qu'il semble: Midnight rambler, Sister Morphine, You can't always get what you want, etc.
Jumpin' Jack Flash version live sèche de 69!
Jumpin' Jack Flash revisité en 72, notamment la guitare
Jumpin' Jack flash le single number one en 68
Jumpin' Jack Flash The Flamin' Groovies
Il existe une autre version déchaînée de Jumpin' Jack Flash par les stones en 68, elle commence par les cris "yeah yeah yeah yeah" comme cette version des Flamin' Groovies qui s'en inspire, mais je peine à la trouver sur youtube.

Street fighting man
Le côté acéré est trompeur, le titre a été enregistré sur un petit magnétophone qui a transformé en électricité l'acoustique. Le titre est tout simplement fabuleux et on peut comparer un peu avec la composition du contemporain Jumpin' Jack Flash. D'un côté, un délire d'harmonica, de l'autre un piano qui resserre la note dans un effet obsessionnel de chute qui parachève l'intensité du morceau.
Everybody pay their dues (street fighting man)
Le premier état un peu fou de Street fighting man. Voyez le solo qui s'étend par-dessus le morceau. Ceci explique la déferlante de Street fighting man morceau de bravoure en fin des concerts de l'époque. Et j'enchaîne inévitablement avec le joyau live absolu, le Street fighting man londonien qui apparaît sur le mythique Brussels Affair:
Street fighting man (somptuosité live de 73)


Salt of the earth (la plus belle fin d'album de tous les temps)
Quelle magie! Des contorsions continues, un titre géant et une finale emportant de malade.

Stray Cat Blues
Moins connu, mais dans les commentaires à la vidéo youtube le titre est numéro 1 du classement d'un adepte des 4 S.

Sympathy for the devil
La réputation du titre est désormais bien assise.
Pour l'anecdote, le groupe à mon sens mitigé Ten years after a un peu démarqué cette chanson dans 50000 miles beneath my brain, à tel point qu'en live parfois le groupe jouait carrément Sympathy for the devil au milieu de leur titre, mais dans le son Ten years after, repompant même le solo, toute l'allure du titre stonien.

Je pourrais encore citer des titres de 71 et 72. Mais je voudrais souligner des choses moins attendues.
D'abord, je ne boude pas mon plaisir avec l'album Their satanic majesties Request: She's a rainbow ou 2000 light years from home sont immenses, mais aussi Citadel, les deux parties de Sing this all together, 2000 Man, On with the show, même Gomper et The Lantern sont bons. J'ai d'emblée été fanatisé par les riffs rocks au piano de We love you ou Let's spend the night together. Je suis fan de Ruby Tuesday, fanatique de Yesterday's papers. Il y a plein de titres exceptionnels sur Between the buttons encore et j'ai toujours eu la tête ravagée par Have you seen your mother, baby, standing in the shadow? Ce qui suit invite au voyage du côté des Rolling stones psychédéliques:





Have you seen your mother, baby, standing in the shadow?
We love you
Let's spend the night together
(La gloire sixties des stones passait aussi par ce titre bien oublié, je connais une vidéo de 67 en couleurs, mais je mets celle-ci faute de la trouver vite, Jagger s'y déchaîne dans le Jagger Jive)
Let's spend the night together (l'original)
Yesterday's papers
La cassette ultra longue de compilation française Rolled gold de 29 titres avait aussi retenu ce titre qui n'était pourtant pas sorti en 45 tours.
She's a rainbow (rock en manière de musique classique)
J'ai toujours été hypnotisé par cette merveille de pop. Avec ce titre, We love you et 2000 light years from home, les Beatles étaient purement et simplement ridiculisés dans leurs prétentions psychédéliques. Sergent Pepper's est d'une banalité affligeante à côté de splendeurs pareilles.
2000 light years from home
Bien avant moi, le Jefferson Airplane défendit l'album Satanic Majesties et notamment ce titre impressionnant. Le son de la guitare, la construction visuelle de cette musique!

L'album Aftermath:

Imparable album Aftermath avec pour l'édition américaine l'inclusion du merveilleux single Paint it black.
Je privilégie évidemment l'édition anglaise 14 titres et j'extrais quelques perles obscures autour des joyaux que je renonce à ne pas rappeler: Paint it black, Under my thumb, Out of time, Mother's little helper et Lady Jane.
Voici les joyaux moins connus:
It's not easy
Bob Hocko and the Swamp rats It's not easy wonderful cover
I am waiting
Take it or leave it
Think
High and dry
Flight 505

Intro de Flight 505 qui finit par lâcher le riff de Satisfaction au piano, note d'humour réussie dans un équilibre parfait. Les six titres ci-dessus ne sont même pas les standards de l'album que j'ai cité juste avant! Pas d'Under my thumb pour faire de l'ombre.
Je cite enfin le titre de onze minutes Going home, bien connu des connaisseurs et réputé un tournant historique par sa construction, mais ce n'est pas non plus un classique des stones qui passe à la radio ou sur scène.
Going home

Les standards oubliés de 65:
Get out of my cloud
Sublime et tellement oublié
Je pense depuis longtemps que pour rehausser leurs prestations les stones doivent carrément abondamment se ressourcer dans le répertoire de la période 64-66. C'est logique. De mêmes titres de 68-72 ont été joués sans arrêt par eux jusqu'à plus soif, qu'on le veuille ou non. Ensuite, ils accusent le coup de l'âge et le répertoire 64-66 est pour de multiples raisons rafraîchissants. Enfin, le bon rock se nourrit à des sources soul et cinquante porteuses qui réveilleraient un esprit mélomane. Evidemment, les fans des stones ne veulent rien comprendre et s'imaginent que deux, trois titres dans un concert remplissent un contrat d'incursion 64-66. Comment la majorité des gens peuvent atteindre des niveaux de bêtise pareils! Je ne supporte pas la bêtise et ceux qui ont acheté leur brevet de bon goût respectable. Qu'est-ce qu'ils sont bêtes! Ils ne comprennent rien. Ils tuent les dernières chances d'avoir du grand stones au nom de la commémoration de la période majeure 68-72. Tourner en rond, ils ne savent pas ce que ça veut dire. Bêtes je vous dis, mais bêtes! Ils n'ont pas de cerveau.

19th nervous breakdown
Encore une merveille.

The Last time
The Last time version classicisante sponsorisée par Oldham
Grandguignolesque. Dès 65-66, nous avons eu droit à des versions classiques des stones, nous aurions plus tard le London Symphony Orchestra ou tel autre de Munich.Ici, ça part dans tous les sens. The Verve en a fait Bittersweet symphony. Le plagiat est évident, malgré la présence d'esprit de dénicher le hit potentiel dans les fantaisies anecdotiques de l'histoire du rock. Pour le plagiat, je pense quand même que l'arrangeur classicisant a plus été lésé que les stones. Mais, ça ne s'arrête pas là. Le premier numéro 1 signé Jagger-Richards est original à la guitare et dans quelques parties, mais son refrain paroles et ligne mélodique sont reprises d'une chanson exceptionnelle des Staple singers This may be the Last time. Ce n'est qu'une partie qui est plagiée, mais c'est assez évident et là encore il y a eu un coup de génie.
Les Staple singers ont connu une certaine heure de gloire à la fin des sixties et au début des seventies, avec la voix de Mavis Staple, mais le père avait déjà laissé la place aux goûts moins bons de ses filles, alors que dans les années 50 quelle claque que ces morceaux obscurs!

The Staple singers This may be the last time
Sublime.

Les Rolling stones en 64-65: un son de guitare parfait, des instrumentations de groupe hallucinantes!

Not fade away
Une reprise de Buddy Holly inspirée de Bo Diddley qui se transforme en un sauvage Diddley rythme rockissime. De l'harmonica, qu'est-ce que ça manque depuis 66?
Le morceau est court, mais qu'il est fantastique d'entendre de pareils enchaînements. Tout se soutient. La voix est amenée, la place de l'harmonica est préparée, le solo de guitare est mis sur orbite, et en retour harmonica et guitare invite l'orchestre à reprendre. On ne compare pas des musiciens aussi fabuleux à la popularité des Beatles. La question ne se pose pas, nous passons d'emblée à une dimension supérieure.

Tell me (you're coming back)

L'état de grâce de la mélancolie acidulée.

Heart of stone
Je crois avoir repéré le morceau soul dont ils s'inspirent, mais je ne l'ai plus en tête. Je suis fanatique de ce genre de solo guitare, le son, la vitesse adoptée, la clarté, l'accentuation sans virtuosité mais ultra mélomane dans une chanson d'une atmosphère puissante, bien que tout ne soit pas parfait dans cette chanson qui a un air de non finition.

Je ne cite pas tout bien sûr: Satisfaction, Play with fire, Little by little, I'm free, The Spider and the Fly, etc.
Je mentionnerai encore le à tue-tête It's alright ou I'm alright, et puis je mets Surprise, surprise, pour signaler à l'attention un plagiat méconnu de ce riff par le groupe glam rock The Sweet.

Surprise, surprise
The Sweet Ballroom Blitz

Les Rolling stones après 72:

Je n'ai pas cité de titres de 71 ou 72 pour l'instant. Quand un groupe devient moins bon et moins dans le coup, on peut trop vite le déprécier. D'ailleurs, beaucoup de fans des stones à l'époque ont décroché en 71 avec Sticky fingers, en 72 avec Exile on main street. Aujourd'hui, il est évident que ces deux albums sont les sommets en compagnie de Beggar's Banquet et Let it bleed, mais ce ne fut pas vrai à l'époque.
En 73, les concerts continuent d'être au sommet, là personne n'en doute.
Maintenant, deux derniers albums passent à la trappe, malgré la présence de Mick Taylor, malgré les concerts de 73, malgré le succès planétaire du slow Angie, malgré la proximité du grand Exile on main street et malgré le fait qu'il n'y a pas eu d'arrêt des stones.
Les goûts du grand public avaient déjà changé. Après 69, le rock des stones ne fut plus jamais number one, malgré Brown sugar ou Start me up. Les hits furent Angie et Miss you.
Goats head soup est décrié. J'apprécie quand même l'album, au moins les six premiers titres et le dernier. Il y a trois titres moins marquants, plus déconcertants, c'est vrai, mais rien à jeter dans cet album de toute façon. Mais il y a en fait ce revers le côté ambiance splénétique bizarre peu compatible avec l'esprit rock. Cela coûte cher même auprès des mélomanes.
Passons donc à It's only rock'n'roll. Par le plus grand des hasards, ce fut l'un de mes premiers albums stoniens. Je n'avais que du sixties encore, je débutais et, sans le faire exprès, mes parents ramènent des CD bradés dans un supermarché, juste comme ça. Les CD avaient ces énormes plastiques de protection contre le vol du début des nineties. Je reconnais les stones sur la pochette, je vois bientôt leur nom, je mets. Je suis ébloui par un album que pendant quelques minutes je crois tout neuf, avant de comprendre qu'il s'agit d'un album de 74. Le fait d'être passé par cette erreur de date sur l'album me met en confiance pour parler de la qualité époustouflante de cette musique, même si certains titres manquent de finition, ont un peu de laisser-aller (dance, little sister qui pourtant le fait tant), même s'il y a ces atmosphères dépressives au son étrange.

Je donne quand même des trucs qui ne me paraissent vraiment pas mériter l'oubli et qui sont pourtant non fignolés (Dance little sister) ou d'une glauquerie étrange (Fingerprint file, Time waits for no one). Je trouve ce dernier titre remarquable pour ma part.

Dance little sister
Dance little sister alternate version
Bizarre, une version différente de Dance little sister est plus facile à trouver que l'alternate promo de Jumpin' Jack Flash. Je vis vraiment sur une planète de tabanards. Je n'y comprends rien. En plus, elle est tout de même plus essoufflée que l'original. Oui, le son fait plus tremplin vers le rock, un tour plus carré pour certaines parties, mais c'était quand même que du préparatoire.

Time waits for no one
Les stones le sentaient ainsi, l'atmosphère est étrange, mais pour moi c'est un nouveau coup de génie des stones, une glauquerie à part, mais je n'ai aucun doute sur la réussite du morceau. Sublime.

Fingerprint file
S'il sera boudé du public rock strict, ce titre excitant aura son succès légitime auprès d'autres. C'est tout de même réussi et nous sommes dans l'invention, la recherche d'autre chose.

short and curlies
If you can't rock me
ain't too proud to beg (reprise des Temptations)

Moi mon goût stonien s'y retrouve, sauf que pour le dernier titre on préférera l'original à cette prestation bien sûr.

Enfin, ne manquons pas la chanson single qui donne son titre à l'album. Je la trouve géniale, mais c'est la suite qui va m'intéresser ici.
It's only rock'n'roll (but I like it)

Sur l'album (la réédition CD en tout cas), il est écrit Inspiration by Ron Wood, lequel ne fait pas encore partie du groupe. Toujours en mal d'attribuer les titres à d'autres que Jagger ou Richards, la presse délire sur ce titre. C'est repiqué à Ron Wood ou ce serait repiqué à Ron Wood dans une session avec David Bowie. J'adore Ron Wood avec les Birds, le Jeff Beck Group, les Faces, etc., mais la presse ici délire, car elle n'a même pas vu que cela s'inspire tout simplement de Blues power, un titre joué par Clapton avec Wood et beaucoup d'autres lors d'un concert mythique de janvier 73 au Rainbow theatre. Quand Clapton revient sur scène entouré de Townshend, Capaldi, Winwood, Wood, etc.

Blues power (original studio du premier Clapton)
Voici maintenant la version de janvier 73 sur laquelle joue Ron Wood, version qui est à l'évidence la source d'It's only rock and roll.

Blues power live janvier 73 source d'It's only rock and roll
J'ai lu plusieurs écrits sur les stones et l'idée d'une chanson It's only rock and roll s'inspirant d'un truc joué par Ron Wood, mais, même si je suis loin d'avoir tout lu, je n'ai jamais lu nulle part que la source c'était ce titre et cette prestation-ci, surtout la seconde moitié, ce qui est pourtant l'évidence même.
J'espère que pour l'honneur de la presse rock intellectuelle et que pour l'honneur des fans avertis des stones c'est écrit quelque part ailleurs qu'ici. Ils parlent vaguement de plagiat, mais ils ne savent même pas repérer de quoi il s'agit. Débile! Après, il est encore temps de sortir la chicane ou échappatoire suivante: le Blues power profite ici d'on ne sait quel titre inédit de Ron Wood. Oui, sauvons la face.

Après 74, je vais encore éviter l'évidence avec l'album Some girls de 78.
J'adore encore Black and blue en 76, par exemple pour jouer sur l'inattendu:

Memory motel


J'apprécie Tattoo you en 81, Je ne déteste pas Emotional rescue en 80, même si c'est quand même moins bien. J'apprécie au moins la chanson-titre Undercover of the night sur le décevant Undercover de 83, mais là ce fut un album limite. J'aime un peu Dirty work en 86.
Enfin, j'aime quand même pas mal Steel Wheels en 89, il a eu un succès de réestime pour le groupe à l'époque et j'ai l'impression que cela s'est perdu. Il a comme It's only rock and roll ou Goats head soup le boulet de l'atmosphère étrange, mais je pense que là il y vraiment du bon, notamment avec Keith Richards, je suis fan de Can't be seen. D'autres titres emportent vraiment, et dans sa raideur glauque métallique Continental drift est une sacrée création originale qui pour moi le fait encore.

Can't be seen
Mixed emotions
Continental drift
Terrifying

J'avoue qu'après Voodoo Lounge et Stripped en 94 et 95, je décroche, mais je trouve que certains titres restent bien troussés sur Voodoo Lounge.

D'ailleurs, pour les lives, autant je passe très vite sur toute la période 75-83, l'année 78, autant je peux apprécier quelques concerts de la période 89-95.

Il y a aussi maintenant l'oeuvre solo de Keith Richards, le troisième album solo de Mick Jagger et quelques prestations de Mick Taylor dont une superbe version de Bitch en 1974, les doigts encore pris dans les tournées de 73 quelque peu, pour l'album de reprises du flûtiste de jazz.
Quand vous parlez de la reprise de Bitch dont personne ne fait cas à un public stonien qui se bat pour montrer qu'il est éclairé, on vous répond que Mick Taylor a fait aussi ça, ça, ça et ça, avec Herbie Mann et que donc ce n'est pas complet si on ne cite que Bitch sur London underground. La bêtise n'a aucune limite.
Le joyau a mis du temps à figurer sur youtube. Appréciez-moi ça!

Herbie Mann Bitch en 1974 Mick Taylor! à la guitare, grand!

Eh oui!


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